Tante Verte, Brune, Violette
Dans une petite maison jaune, au bout d’un jardin bien rangé, vivaient trois tantes. Il y avait Tante Verte, qui aimait les plantes et le potager. Il y avait Tante Brune, qui aimait le four chaud et l’odeur du pain. Et il y avait Tante Violette, qui aimait les rubans, la lavande et les choses faites avec soin.
Petter et Lotta vivaient avec elles. Les enfants étaient curieux et polis. Oncle Bleu passait souvent. Il portait un grand chapeau bleu et une canne brillante. Il disait toujours bonjour avec un petit salut.
Ce matin-là, le soleil souriait. Tante Verte prit son arrosoir. « Venez, mes chéris, » dit-elle, « les petits pois ont soif. » Petter tenait le seau. Lotta portait le petit râteau. Ils arrosèrent doucement. « On chuchote aux plantes, » expliqua Tante Verte. « Elles poussent mieux quand on est gentil. »
Dans la cuisine, Tante Brune pétrissait la pâte. Ses mains allaient roum, roum, roum. « Voulez-vous former des petits pains ? » demanda-t-elle. Petter fit une boule ronde. Lotta fit une boule minuscule. Tante Brune rit. « Parfait. Grand, petit, tous seront bons. » L’odeur de cannelle dansa jusqu’à la porte.
Dans la chambre claire, Tante Violette cousait. Elle avait une boîte pleine de boutons. « Aujourd’hui, on apprend à enfiler, » dit-elle. Lotta passa le fil dans l’aiguille, très lentement. Petter tria les boutons par couleur. « Vert, brun, violet, comme nous ! » s’exclama-t-il. Tante Violette posa un baiser sur leurs fronts. « Avec patience, on réussit tout. »
On frappa à la porte. C’était Oncle Bleu. « Une promenade ? » proposa-t-il. Dans la rue, il montra comment regarder à gauche, puis à droite. « Merci, Oncle Bleu, » dirent les enfants. Ils portaient un panier de petits pains tièdes. « Pour partager, » ajouta Tante Brune.
Au portail, ils rencontrèrent la vieille voisine. Elle tenait sa canne et souriait peu. Lotta offrit un petit pain. Petter ouvrit le torchon. « C’est pour vous. » La voisine s’éclaira. « Merci, mes enfants. Quel parfum ! » Oncle Bleu acquiesça. « Un petit geste fait un grand soleil. »
De retour, un minet rayé, Moustache, tourna autour de la table. Hop ! Une patte, un petit pain ! Petter sursauta. Lotta fit de grands yeux. « Doucement, Moustache, » dit Tante Brune en riant. Elle coupa le pain en trois. « Un pour le chat, un pour vous, un pour moi. On partage, mais on demande. » Les enfants hochèrent la tête.
À l’heure du goûter, tout le monde se réunit. Tante Verte apporta de la confiture. Tante Violette servit le thé parfumé. Oncle Bleu raconta une histoire douce. Soudain, la confiture glissa. Ploc ! Une tache rouge sur la nappe. Lotta courut chercher une éponge. Petter apporta un bol d’eau. « Merci, mes grands aides, » dit Tante Violette. La tache s’effaça. Le sourire resta.
Le soir, le jardin chanta doucement. Les tantes bordèrent Petter et Lotta. « Aujourd’hui, nous avons semé, cuisiné, cousu et aidé, » murmura Tante Verte. « Et partagé, » ajouta Tante Brune. « Avec douceur, » finit Tante Violette. Oncle Bleu fit un petit salut. Les enfants fermèrent les yeux. Dans la maison jaune, tout était calme, et le monde semblait bon.

















