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Ours en bottes

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Ours en bottes

C'était un matin lumineux et venteux dans la forêt de Pomme de Pin. Les feuilles chuchotaient, les ruisseaux bouillonnaient, et quatre ours avaient une grande idée.

Grand Bruno l'Ours avait les pattes les plus grandes et les plus fortes. Il pouvait soulever une bûche comme une miche de pain. Tilly était la petite oursonne avec les plus grandes idées. Grizzle avait des sourcils grognons mais un ventre rigolo. Coco était brun cacao et adorait tout ce qui était coloré.

De l'autre côté du marais Boueux-Copain se trouvait la colline aux Myrtilles. Les baies là-bas étaient rondes comme des boutons et douces comme des rires.

« Nous avons besoin d'un pont », dit Bruno, fléchissant ses muscles poilus.

« Nous avons besoin de... ÇA ! » couina Tilly, pointant vers un tas près d'une vieille souche—des bottes ! Des bottes rouges. Des bottes jaunes. Des bottes à pois et à lacets zigzag. Un petit panneau sur un bâton disait : BOTTES GRATUITES.

« Des bottes pour les ours ? » cligna Grizzle. « Les ours portent-ils des bottes ? »

« Nous oui aujourd'hui ! » s'exclama Coco.

Ils choisirent chacun quatre bottes. Ça prit un moment.

Bruno glissa une botte rouge sur sa patte avant. Squelch. Puis une autre. Splop. Puis une autre. Splish. La dernière passa avec un grand... PLOP !

Tilly mit deux bottes sur la même patte par erreur et essaya de sauter. Boing. Bonk. Elle bascula dans un tas de fougères en riant.

Grizzle mit une botte sur son oreille et fronça les sourcils. « Ce chapeau est bizarre. »

« Les bottes d'oreille, ça n'existe pas, Griz », gronda Bruno en souriant.

Coco regarda à travers une botte comme un télescope. « Je vois une grenouille ! Elle a l'air surprise ! »

La grenouille sur un nénuphar avait l'air surprise. « Coassement. Jolies chaussures », coassa-t-elle.

Wobble-wobble, stomp-stomp, les ours marchèrent vers le marais. Leurs bottes faisaient squeak, squelch, squish au rythme du pic-vert tap-tap-tapant sur un arbre.

« Défilé de bottes ! » chanta Tilly.

Bruno enroula ses grands bras autour d'une bûche tombée. Hisse-ho ! Elle s'éleva. Il fit un pas. Squish. Deux pas. Squelch. Sa botte gauche resta coincée. Il tira. Tug. Tug. POP !

La botte s'envola comme une fusée rouge et atterrit sur une branche. Un écureuil surgit dessous, la botte devenant maintenant un chapeau rebondissant.

« Stylé ! » pépia l'écureuil, inclinant le bord de la botte. Tout le monde rit si fort que les sourcils grognons de Grizzle se transformèrent en sourcils heureux.

Ils portèrent la bûche ensemble. Elle vacillait comme une crêpe sur une assiette. Coco dirigeait. « Doucement maintenant. »

Au bord du marais, Bruno posa une extrémité de la bûche sur l'eau. Elle oscilla. Tilly monta dessus. Squeak-squeak firent ses bottes.

« Je suis une ourse funambule courageuse ! » dit-elle, les bras écartés.

La bûche trembla. Tilly glissa. « Whee— ! »

La patte forte de Bruno la rattrapa en plein vol. Ils tournèrent une fois, deux fois, et atterrirent dans une douce touffe de quenouilles. POOMF ! Tout le monde éclata de rire à nouveau.

Bzzzz. Des bourdons voletaient au-dessus des fleurs sauvages qui s'étaient emmêlées dans les lacets des bottes de Coco. Un atterrit sur le nez de Tilly.

« Un... un... atchoum-tchoum ! » éternua-t-elle.

Des glands tombèrent de quelque part en haut. L'écureuil sortit à nouveau de l'arbre au chapeau-botte. « Hé ! Mon encas secret ! » Il se bourra les joues comme de petits ballons et sourit.

Bruno planta l'autre extrémité de la bûche fermement et solidement. « Pont ! » tonna-t-il.

Un par un, ils traversèrent en un pas stupide. Botte gauche, botte droite, splish-splash-squelch. La grenouille applaudit. Le pic-vert joua un solo de tambour sur une souche creuse. Même Grizzle fredonna un air joyeux.

La colline aux Myrtilles débordait de bleu. Les myrtilles pendaient comme de petites lunes—enfin, de petits boutons bleus—sur chaque branche.

« Remplissons nos bottes ! » cria Tilly.

« Lavons d'abord », dit Coco. « Des bottes propres font des baies propres ! »

Ils firent swish-swash avec les bottes supplémentaires dans le ruisseau jusqu'à ce qu'elles deviennent toutes propres et couinantes. Puis ils ramassèrent des baies à pleines pattes. Plunk-plunk-plunk firent les baies dans les seaux-bottes brillants.

Bruno souleva deux bottes dans chaque patte et une sur sa tête pour s'amuser. « Je peux toutes les porter ! » dit-il. Il vacilla. Il gigota. Il se stabilisa. « Ta-da ! »

Grizzle colla une myrtille sur son nez. « Est-ce que j'ai l'air sérieux maintenant ? »

« Très sérieux », gloussa Tilly. « Très sérieux-myrtille. »

Sur le chemin du retour, leur défilé de bottes était encore plus stupide. Squeak-splish, thump-thump, giggle-snort. L'écureuil marcha derrière eux, portant toujours le chapeau-botte rouge, saluant comme un petit capitaine.

Ils partagèrent les myrtilles avec leurs amis de la forêt. La grenouille eut une barbe bleue. Le pic-vert tambourina une chanson de remerciement. Les abeilles bourdonnèrent un ronronnement joyeux.

Bruno accrocha les bottes propres sur une branche basse. « Arbre à bottes », dit-il. « Pour les jours de pluie, les jours boueux et les défilés d'ours. »

« La prochaine fois, des chapeaux ? » demanda Tilly.

Grizzle piqua la botte sur la branche avec une griffe. « Seulement si le chapeau ne chatouille pas mon oreille. »

Tout le monde rit. La forêt rit aussi—les feuilles frémirent, l'eau gloussa, et le pic-vert tapa un dernier tap stupide.

Et c'est ainsi que quatre ours forts, dans une forêt pleine d'amis, découvrirent que les bottes rendent la boue amusante, les ponts possibles, et les aventures de myrtilles très, très rigolotes.

La fin

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